|
|
Carte IGN : 3142 OT | Dénivelé : 250 m | Durée : 2h30 | Difficulté : Facile
Du village de Goult aux petits sentiers bordés de murs de pierre, des chemins caladés jusqu'au surplomb qui protège la chapelle Saint Michel, tout au cours de cette balade parle des pierres. C'est pourquoi, il est important de clore votre journée par une flânerie dans le conservatoire des terrasses, c'est restanques qui modèlent le paysage.
En Provence, la généralisation des cultures en terrasses (restanques ou bancaous) date du 18° siècle. Elle correspond à une période d'accroissement de la population et une nécessité d'augmenter la surface agricole. Cela passe par le défrichement et l'aménagement de nouvelles terres pour lutter contre l'érosion. Cette façon de modeler la nature est à l'origine de la culture de la pierre sèche. Le conservatoire, grâce à son panneautage, vous en montre des aspects :
- Murs de clôture : ils permettent à la fois de protéger les cultures contre les moutons et les chèvres et de limiter les propriétés dans les secteurs où la production fût très intensive. Le faîte du mur est généralement l'objet d'un soin particulier pour assurer le blocage de la dernière rangée de pierres. La technique qui utilise des pierres plates, dressées les unes contre les autres est fréquente pour marquer les limites de propriétés.
- Les pierriers : La construction n'épuisant pas les pierres extraites du sol, l'excédent devait être stocké dans des endroits particuliers, évitant ainsi le gaspillage des surfaces.
- Cabanon des champs : C'est celui encore occupé aujourd'hui par le paysan obligé de parcourir entre son domicile du village et ses champs des distances assez longues. Il peut servir alors en miniature de hangar, d'entrepôt, d'écurie, de chambre, de poste de chasse.
- Citerne : L'eau étant, sur ces terrains secs, un bien particulièrement précieux, des aménagements très importants étaient réalisés pour la récupérer et la conserver. Une citerne creusée dans le roc permettait de conserver une vingtaine de mètre cubes d'eau infiltrée lors de fortes pluies.
- Alvéoles pour ruches : Placées dans de telles niches, les ruches peuvent reprendre une activité dès les premières chaleurs du printemps en profitant de la régulation thermique offerte par le mur et ceci sans empiéter sur la partie cultivable.
- Escaliers volants : L'escalier volant n'est qu'une succession de dalles faisant partie de la masse du mur. Elles dépassent en moyenne de 40 centimètres de la masse de la pierre. L'ensemble constitue un escalier. Souvent la hauteur du mur exige cinq marches, mais certains, aux dimensions impressionnantes peuvent en compter plus d'une dizaine. L'inconvénient de ce système d'accès aux terrasses, en est la fragilité, en particulier lorsque la roche employée, celle du sous-sol, est facilement friable. Remplacer une dalle revenait alors à démonter le mur puis à le reconstruire : un travail conséquent.

Enfin, un petit mot sur la place de l'olivier dans les paysages provençaux. Elle est capitale, même si la culture de l'olivier s'est surtout développée au 19° siècle. Sur les terrasses, il est particulièrement chez lui, car mieux abrité des gels auquel il est sensible, il sait se contenter de sols peu fertiles et caillouteux des versants. Les gels successifs et les mésaventures économiques de l'oléiculture ont fait régresser cet arbre qui peut pourtant devenir pluri millénaire. L'olivier n'est pas toujours le seul occupant du terrain. On y trouve aussi quelques amandiers et, en périodes plus difficiles, des productions légumières au sec l'accompagnent : pois chiches, lentilles, haricots, salades, etc...
Voilà le décor planté ! Je peux maintenant vous emmener avec nous sur cette balade autour de l'Imergue, petit ruisseau proche de Goult qui tire son nom du latin limes, limite entre les civitas romaines d'Apt et de Cavaillon. Le départ se fait depuis le village de Goult. Les places sont disponibles sur l'un des deux parkings, près de l'église. De là, vous gagnez le haut du village (direction Est) pour monter au moulin. Ne faites pas comme nous, ne ratez pas le chemin ! Celui-ci ce trouve près des remparts et le panneautage indiquant chemin des Trabarri est un peu masqué par un mûrier platane. Ce chemin vous conduira rapidement vers la D60 que vous traverserez pour vous rendre vers un reste de passerelle au dessus de l'Imergue. Le coin est, pour l'instant, peu affriolant mais patience, la suite sera meilleure.
A ce niveau là, une petite difficulté avec une montée sèche mais brève, juste le temps d'attraper une petite transpiration. Parvenus en haut de cette côte, prenez à droite. Vous longerez une jolie vigne en terrasse que vous quitterez sur la droite par un sentier qui descend légèrement. Dès que vous rencontrez un sentier plus large, vous prenez à gauche, jusqu'à la route. Vous y marcherez pendant 50 mètres avant de bifurquer sur la gauche pour remonter un chemin cimenté au début. Vous passez à côté de la ferme de Roquebrune, puis vous longer des cerisiers avant de pénétrer dans un bois de chênes. C'est là que nous tomberons nez à nez avec un essaim sauvage d'abeilles ! Impressionnant !
En bordure, sous un abris rocheux, une masure encore intacte bien qu'abandonné, probablement un cabanon exploité avant par les agriculteurs. Sur votre gauche, vous apercevrez le grillage qui délimite la propriété. Vous atteindrez bientôt une route et vous prendrez, une nouvelle fois, sur votre gauche pour vous diriger vers le plateau de Mange-Tian et la carrière. Vous apercevrez un très beau mur de pierre sur toute la longueur du chemin ! Quelle patience pour l'ériger !
Peu après la carrière, vous tournerez à ... gauche, bien sûr ! Ne vous faites pas piéger, ne suivez pas le grand chemin mais recherchez, dans le virage, un sentier qui monte vers l'est. L'endroit est bien marqué. Vous continuez pendant 200 mètres puis vous parviendrez à un carrefour et cette fois, pour changer, vous prendrez à droite. Ce chemin contourne le plateau et sur votre chemin vous rencontrerez un hameau ruiné ainsi que deux bories. Puis, vous parviendrez à un chemin caladé, à pente forte, qui vous mènera à la chapelle Saint Michel.
La chapelle n'a rien d'exceptionnel, par contre son lieu est enchanteur. Près d'un abri rocheux, il offre une belle vue sur le Ventoux et sur le village de Goult ; l'été, cela doit être un lieu de fraîcheur appréciable. Seuls les corbeaux nichant dans la roche viennent troubler le calme.
De là, vous continuez sur le chemin qui descend toujours pour rejoindre l'Imergue et un délicieux espace vert dans lequel trône une ancienne statue sous laquelle vous pourrez mettre à l'épreuve votre latin et vos talents de déchiffreurs, mais apparemment, un pape serait passé par ici. Il est temps de remonter vers Goult. Continuez sur le sentier bien indiqué pour, en face des poubelles (c'est peu poétique, mais pratique comme repère), prendre le sentier, le chemin des soeurs, chemin ancestral de liaison entre Goult et Lumières, qui monte. Tout en montant, vous longerez un mur et une enfilade de terrasse plus ou moins à l'abandon mais résistant à l'usure du temps. Puis, vous débouchez sur le moulin, au niveau du chemin communal dit de la carredone ou de la roche Redone (Nom évoquant le rocher arrondi auquel il conduit). Ce chemin est la véritable épine dorsale du quartier, il permet l'accès à l'ensemble des terrains.
Vous l'emprunterez sur votre droite pour aller visiter le conservatoire évoqué en début de page et vous vous rendrez jusqu'à la croix de la roche Redonne qui était un point de surveillance romain et surtout médiéval. Puis vous reviendrez sur vos pas pour parcourir les rues de Goult et retrouver votre véhicule.
|